Située à proximité de Toulouse, la ville de Montauban (Tarn-et-Garonne, 59 982 habitants) et son agglomération voient leur population augmenter (+ de 10 000 habitants en 10 ans), suscitant une pression foncière que la collectivité a voulu contrôler. Aussi a-t-elle créé un établissement public foncier local (EPFL). Les EPFL ont été créés par une loi du 13 juillet 1991* afin de permettre aux communes de constituer des réserves foncières. Le périmètre d’intervention de l’EPFL a été étendu aux communes voisines, mais la commune de Montauban reste majoritaire dans le conseil d’administration et met du personnel à sa disposition (l’EPFL n’a pas de personnel propre). L’EPFL rend divers services aux communes : droit de préemption, portage, mise en location des terrains. Examinant la gestion de cet EPFL, la chambre régionale des Comptes observe que, pour l’instant, le modèle n’est pas viable : l’EPFL finance les acquisitions par l’emprunt. Il n’a pas encore atteint un stade où les cessions financent les acquisitions. Il a également du mal à anticiper les acquisitions qu’il va devoir réaliser, comme l’atteste le non-respect régulier des programmes pluriannuels d’intervention (PPI) qu’il adopte. La chambre suggère également une diversification de ses missions : veille foncière, sensibilisation à l’axe environnemental du PPI, accompagnement dans la recherche de financement, prise en charge de la maîtrise d’ouvrage.
Conseil : mettre en place un dispositif de prévention des conflits d’intérêts à destination des élus, du directeur et du personnel même si l’EPFL est un EPCI et donc non soumis à l’article 11-III de la loi n° 2013-907 relative à la transparence de la vie publique.
*art. L. 324-1, code de l’urbanisme.
Michel Degoffe le 11 avril 2023 - n°2267 de La Lettre du Maire