Renforcer la légitimité des élus grâce à un label de responsabilité sociétale Abonnés
Par conviction, Henri Cabanel ne se représentera pas lors du renouvellement sénatorial de 2026. En effet, dans toutes les fonctions politiques qu’il a occupées, il n’est pas allé au-delà de deux mandats. Mais, attaché à la chose publique, il s’engagera pour mettre en place cette certification de l’élu.
Entretien.
La Lettre du Maire : comment vous est venue cette idée d’une charte de l’élu responsable ?
Henri Cabanel : je suis viticulteur de profession. En 2015, j’assistais à la remise de la certification RSE (responsabilité sociétale des entreprises) du Domaine de la Jasse, un domaine viticole de l’Hérault. La déléguée régionale d’AFNOR Certification rappela à cette occasion que « la RSE s’est engager face à la société ». J’ai immédiatement pensé que cela correspondait parfaitement à l’engagement de l’élu et, en particulier, de l’élu local. Il m’a donc semblé utile d’ouvrir la voie à une époque où monte la défiance à l’égard des politiques.
Florence Combes-Boulard (directrice de cabinet) : nous sommes passés aux actes en obtenant la certification RSE du cabinet parlementaire du sénateur après un passage au crible par un évaluateur AFNOR. En 2016, nous avons obtenu la certification confirmée et, en 2019, après une nouvelle évaluation, nous avons obtenu la labellisation exemplaire. Fort de cette expérience, le sénateur Cabanel a voulu proposer cette démarche aux maires, via une charte dans un premier temps.
La LDM : ne craignez-vous pas de créer une contrainte supplémentaire pour les élus alors qu’ils se plaignent déjà de la multiplication des contraintes au point qu’on risque de ne pas trouver de volontaires pour exercer les mandats ?
H.C : je n’ai pas cette crainte pour deux raisons : tout d’abord, parce que, pour le maire, la démarche sera toujours volontaire et le jury ultime ce seront toujours les électeurs. En second lieu, nous avons élaboré notre charte après avoir fait part de notre initiative auprès des maires de l’Hérault. 75 d’entre eux ont participé à des ateliers de travail. Ce n’est donc pas une liste de critères qui tombent du ciel. J’ai d’ailleurs procédé de la même façon avec les maires lors de mes deux mandats en les associant à mon activité.
F.C-B : : nous avons également travaillé avec l’association des jeunes élus de France. La charte continue de se co-construire. Lorsque la ministre chargée des Collectivités locales, Dominique Faure, a présenté le projet de loi qui est devenu depuis la loi portant statut de l’élu local, il avait été envisagé d’insérer la charte dans le projet. Mais le sénateur Cabanel a pensé que c’était trop tôt, le projet avait encore besoin de mûrir.
La LDM : la charte de l’élu responsable se décline en quatre thèmes : éthique, exemplarité et responsabilité, transparence et redevabilité, transition écologique, gouvernance et amélioration continue. A l’intérieur de ces thèmes, on retrouve beaucoup d’obligations qui pèsent déjà sur les maires ?
H.C : bien entendu. Par exemple, sur le premier thème, l’élu signe déjà, au début de son mandat, la charte de l’élu local, mais sans vraiment en prendre conscience. Quand nous avons échangé avec les 75 élus sur les points qui devaient figurer dans la charte, la plupart nous ont indiqué qu’ils faisaient déjà beaucoup de choses que l’on considérait comme souhaitable. Mais justement, l’objet de la charte et de la labellisation de l’élu quand elle interviendra est de faire savoir que le maire administre la commune en observant des principes exigeants. Cette communication est essentielle dans une période de défiance à l’égard des politiques. Par exemple, l’obligation du casier judiciaire vierge pour les candidats devrait être affirmée.
F.C-B : la responsabilité sociétale a trois bénéfices pour les élus : faire un arrêt sur image tous les trois ans pour prendre de la hauteur et penser stratégie, une plus-value d’organisation et une plus-value d’image sur leurs engagements.
H.C : on assiste à une dépolitisation des maires. On constatera lors des élections du mois prochain que peu affichent une étiquette politique. La certification RSE sera un moyen pour eux de faire savoir qui ils sont.
Pour signer l’appel à engagement :
https://purpoz.com/project/responsabilite-societale-des-elus-je-suis-pour/questionnaire/questionnaire>
Michel Degoffe le 17 février 2026 - n°2397 de La Lettre du Maire
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