Réduire la chaleur dans les écoles grâce au programme " Racine " Abonnés
La commune a donc entrepris des travaux : pour 22 519 € HT, elle a installé des stores bannes, des brise-soleil fabriqués en régie, des brasseurs d'air et des fenêtres à soufflet permettant la ventilation nocturne. Gilles Dudouit, adjoint au maire de Saint-Vallier de Thiey, nous détaille la réalisation de ces travaux.
Entretien.
La Lettre du Maire : quel intérêt avez-vous eu à être intégré dans le programme Racine ?
Gilles Dudouit : le programme Racine propose plusieurs pistes : limiter les apports solaires, rafraichir (améliorer le confort ressenti) et décharger (évacuer la chaleur la nuit). Grâce au suivi par des experts d’Actee qui ont installé des sondes dans les classes pour mesurer les points de chaleur, nous avons dans un premier temps identifié un potentiel de rafraichissement nocturne non exploité, avec un écart de 8 degrés entre les températures intérieures et extérieures la nuit. Ce qui a abouti à l’installation de fenêtres à soufflet permettant une surventilation nocturne pour décharger le bâtiment en chaleur avant l’ouverture des classes le matin. Les fenêtres à soufflet permettent d’aérer en dehors du temps scolaire. Selon le programme Racine, c’est le dispositif qui doit permettre de réduire la chaleur le plus efficacement.
Nous voulions éviter la climatisation et cherchions des solutions peu coûteuses, peu énergivores et faciles à mettre en place. Nous avons ensuite posé des stores bannes (pour 16 110 euros) sur les façades les plus exposées et des brises soleil fixes qui ont été fabriqués par nos services techniques (pour 1 800 euros). Enfin, les brasseurs d’air installés dans les deux classes les plus exposées ont coûté 7 908 euros (3 696 euros de fourniture et 4 212 euros de pose). Ils n’abaissent pas la température de l’air mais améliorent le confort ressenti en accélérant l’évaporation de la sueur.
J’ajoute que nous avons également associé le personnel des écoles dans la phase de diagnostic (enseignants, ATSEM). Entre décembre 2025 et février 2026, des ateliers ont permis d’affiner notre plan d’action.
La LDM : le programme Racine est un appel à projets. Les élus se plaignent régulièrement de la complexité des dossiers à déposer dans ce cadre. Est-ce le cas ici ?
G.D : non il n’y a pas eu de difficulté. Il faut simplement qu’un élu se passionne pour ces questions de rénovation énergétique. Pour ma part, j’ai régulièrement participé aux séminaires organisés dans le cadre du programme. Nous bénéficions également d’un technicien chargé de la transition énergétique qui a apporté son aide. Le programme Racine n’est pas un bureau d’études classique qui viendrait nous expliquer ce que nous devons faire. Nous élaborons le projet accompagné par Actee, nous bénéficions d’un suivi technique et Actee valide nos choix en nous orientant vers les techniques les plus efficaces.
*Le programme Actee (https://programme-cee-actee.fr/) est une filiale de la FNCCR, en partenariat avec l’ADEME et l’AMF, financée par des certificats d’économie d’énergie (CEE). Rappelons que les CEE sont financés par les gros vendeurs d’énergie fossile qui doivent donc rémunérer des actions permettant de diminuer la consommation de ces énergies. Par exemple, l’isolation à un euro repose sur ce dispositif. Les CEE financent donc dans le même esprit l’amélioration de la performance énergétique des écoles.
Actee bénéficie d’une enveloppe de 220 millions d’euros sur la période 2023-2026. Actee permet aux communes retenues de financer également des postes d’économes de flux, la réalisation d’études et de diagnostics énergétiques de bâtiments publics...
Vous trouverez sur le site d’Actee, les appels à projets ouverts aux communes (https://programme-cee-actee.fr/programmes/>).
La commune a choisi de rénover cette ancienne école pour la transformer en activité d’accueil de loisirs sans hébergement. Le programme Actee a financé le recrutement d’un économe de flux spécialisé en bâti scolaire qui a piloté le chantier. Actee a également financé le poste de maîtrise d’œuvre (70 000 euros).
La rénovation a coûté 1 371 567 euros, la commune n’a contribué qu’à hauteur de 20% (c’est le minimum légal prévu par le code), soit 274 354 euros. Le reste provient de subventions d’organismes divers (DSIL, agence de l’eau, région, département…).
Michel Degoffe le 16 juin 2026 - n°2414 de La Lettre du Maire
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