Partager ses expériences pour mener un projet de transition écologique Abonnés
La Lettre du Maire : votre association est-elle ouverte à toutes les communes de France ?
Marie Meunier : en théorie oui, mais l'idée principale reste de créer du lien au niveau local. Nous regroupons, pour l’instant 115 communes, essentiellement de Charente-Maritime mais aussi des Deux-Sèvres, de Charente et de Corrèze. Il est difficile de s’étendre sur un périmètre plus large car l’un des objets de notre association est de permettre aux élus locaux de se rencontrer pour partager leurs expériences. En second lieu, toutes les communes de France ont certains problèmes en commun, mais il y aussi des spécificités territoriales. Cela étant, un maire qui nous lit peut nous contacter. Nous pourrons lui donner des conseils pour lancer un projet similaire dans sa région.
La LDM : la commune qui souhaite vous rejoindre paye-t-elle une cotisation ?
M.M : oui, de ce point de vue nous fonctionnons comme une association classique. La cotisation est calculée sur le nombre d’habitants de la commune : 0,05 centime par habitant. La cotisation varie donc de 25 à 225 euros. Nous souhaitons rester abordables pour les petites communes, conscients de leurs contraintes budgétaires.
La LDM : votre cœur de cible ce sont les petites communes de 300 à 3500 habitants ?
M.M : oui, même si une commune plus importante peut nous rejoindre. Mais nous privilégions en effet les communes rurales car elles manquent souvent de l’expertise nécessaire pour mener des projets de transition écologique. Paul Roland Vincent, à l’initiative de la création de l’association, voulait monter des projets en accord avec la transition écologique, mais ne savait pas comment s’y prendre et n’avait pas de service dédié. En se tournant vers ses collègues maires, il s’est rendu compte qu’ils rencontraient les mêmes difficultés.
La LDM : le maire qui vous rejoint aura-t-il accès à différents services ?
M.M : oui, si vous allez sur notre site internet, vous constaterez que nous mettons plusieurs services à la disposition de nos adhérents : des visites de terrain, des ateliers et conférences pour renforcer les compétences des élus sur un projet précis, des guides (par exemple, cette année, nous avons publié un guide pratique de la gestion des eaux pluviales), des webinaires et une newsletter. Mais la vocation première reste les rencontres et échanges entre élus locaux.
La LDM : et des fiches actions ?
M.M : oui, nous partons d’un projet concret et nous détaillons comment le maire ou le conseil municipal a pu le mener à bien. Il y a donc des aspects techniques mais également financiers : à quelle porte faut-il frapper pour obtenir des subventions ? Les webinaires que nous organisons sont d’ailleurs souvent animés par des agents d’organismes qui peuvent apporter une aide aux communes (Ademe, agences de l’eau…).
La LDM : les élus à l’origine de cette association ont-ils tous une étiquette politique écologiste ?
M.M : non, ils ont une approche pragmatique. Le maire constate par exemple sur le terrain que les épisodes de canicule ou de fortes précipitations sont de plus en plus accentués, et il cherche des solutions. Recherche facilitée par la discussion avec ses collègues confrontés aux mêmes enjeux. Un aspect important doit être pris en compte : la population est de plus en plus demandeuse de solutions respectueuses de l’environnement. Il faut donc prendre en compte ses besoins et ses suggestions. Et quand le maire décide de lancer un projet, il doit faire de la pédagogie et associer la population.
Michel Degoffe le 23 juin 2026 - n°2415 de La Lettre du Maire
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