La commune peut, grâce au contrat PPA, favoriser la production d’électricité à prix stable sur son territoire Abonnés
Entretien.
La Lettre du Maire : dans leur rapport consacré à l’optimisation du soutien public aux énergies renouvelables électriques et au stockage*, Jean-Bernard Levy et Thierry Tuot indiquent que l’électricité est à bon prix sur le marché de gros, une bonne nouvelle pour les consommateurs et les industriels gros consommateurs. Ils ajoutent que la production française est abondante au point que l’on a pu exporter l’an dernier l’équivalent de 5 milliards d’euros. Mais le soutien aux énergies renouvelables coûte cher et est mal connu. Les auteurs du rapport incitent le gouvernement à revoir cette politique. Ils préconisent notamment de développer les PPA (power purchase agreement). Valeco est justement en pointe sur ces PPA. De quoi s’agit-il ?
Martin Rouzière : le marché de gros de l’électricité est animé par des opérateurs qui achètent de l’électricité pour la revendre aux particuliers et aux entreprises en faisant une marge. Ainsi, à côté de son activité de producteur, EDF est aussi trader sur ce marché. Avec des risques de fluctuation importantes comme on l’a vu en 2022. Le PPA est un contrat négocié entre le producteur d’électricité et l’entreprise consommatrice. Il a une durée variable, de 10 à 20 ans, garantit un prix de l’électricité et met donc l’entreprise à l’abri des soubresauts du marché. Le rapport Levy-Tuot préconise le développement des PPA car c’est un moyen d’atteindre nos objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre en développant les énergies décarbonées. Avec les PPA, on propose en effet une énergie issue de l’éolien, du solaire, de l’agrivoltaïsme ou de toute autre énergie renouvelable. Le producteur d’énergie renouvelable y trouve également son compte. Quand on investit dans la réalisation d’un parc éolien, ce qui pèse le plus ce sont les emprunts. Grâce au PPA, nous pouvons présenter à l’établissement financier qui nous prête l’argent un contrat garantissant l’achat de notre électricité sur une longue période et à un prix stable. Outre la garantie d’un prix stable, l’entreprise qui nous achète de l’électricité peut présenter le contrat dans son bilan RSE (responsabilité sociétale des entreprises) puisqu’elle est alimentée par une énergie décarbonée.
La LDM : et si on regarde maintenant du côté de la commune ou de l’intercommunalité, quels avantages pour elles ?
M.R : j’en vois au moins deux. Il y a une volonté de l’État de réindustrialiser et cela passe par une énergie bon marché. On doit donc renforcer la mutation vers l’utilisation de l’électricité à la place des énergies fossiles. Si la commune (ou plutôt l’intercommunalité puisque le développement économique est désormais une compétence intercommunale) peut garantir aux entreprises installées dans la zone d’activité une électricité peu chère, c’est un facteur d’attractivité. En second lieu, les collectivités territoriales sont de grosses consommatrices d’énergie. Elles peuvent donc être clientes dans le cadre d’un PPA avec un prix garanti. Ainsi, l’an dernier, la métropole de Montpellier a signé un contrat d’achat direct d’énergies renouvelables locales (CADER). En vertu de ce contrat, conforme aux exigences du code de la commande publique, la métropole achète de l’électricité à des producteurs locaux. Le contrat permet d’alimenter en électricité 200 sites publics et de couvrir 25 % des besoins.
La LDM : les énergies renouvelables sont intermittentes (on dit par exemple que le facteur de charge pour l’éolien est de 17 % en moyenne, c’est-à-dire qu’il ne fournit de l’électricité que 17 % du temps total, et pour le solaire le facteur de charge est moindre encore). Comment pouvez-vous garantir alors une fourniture constante ?
M.R : nous passons un contrat avec une ou plusieurs entreprises en vertu duquel nous nous engageons à leur fournir de l’électricité à un prix donné pour une période donnée à partir de notre ouvrage (un parc éolien, par exemple). Mais l’électricité que nous produisons est injecté dans le réseau et le distributeur, Enedis, s’engage à livrer la quantité d’électricité demandée au prix fixé par le contrat.
*https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/cge/media-document/Optimisation_soutien_ENR_stock_Rapport.pdf?v=1776066036>
Michel Degoffe le 12 mai 2026 - n°2409 de La Lettre du Maire
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