Implanter des panneaux photovoltaïques sur vos friches Abonnés
La Lettre du Maire : pouvez-vous résumer les différentes étapes du projet ?
Olivier Marchand : au terme de son AMI, la ville de Mâcon a retenu notre proposition. Nous avons conclu un bail emphytéotique de 30 ans en vertu duquel elle nous consent un droit réel sur le site. Je rappelle qu’en vertu de l’article L. 451-1 du code rural, le bail emphytéotique est un bail de longue durée (18 à 99 ans) qui confère au preneur (le locataire) un droit réel, c’est-à-dire un droit équivalent à un droit de propriété permettant donc au locataire de réaliser des investissements importants avec des garanties de stabilité.
La LDM : habituellement, dans un bail emphytéotique, le loyer est faible car il faut tenir compte des travaux importants que va réaliser le locataire et qui vont valoriser le bien.
O.M : ici nous payons un loyer de 75 000 euros par an. C’est une ressource non négligeable pour la commune, à laquelle il faut ajouter les 30 000 euros de charge d’entretien du bien qui ne pèsent plus sur elles. Le gain est donc d'environ 100 000 euros pour la commune.
La LDM : quels sont les autres éléments qui ont séduit la commune dans votre projet ?
O.M : nos 8 500 panneaux produisent de l’électricité dont une partie est consommée dans un réseau d’autoconsommation collective, l’autre partie va dans le réseau, notre centrale est donc raccordée au réseau d’Enedis. La centrale peut alimenter 1800 foyers, le sixième, soit 300 foyers, font partie du réseau d’autoconsommation collective et bénéficient donc d’une électricité à un prix garanti, inférieur au prix réglementé de l’électricité. Pour l’instant, une cinquantaine de foyers sont déjà alimentés par le réseau d’autoconsommation collective ainsi qu’une dizaine de PME, l’hôpital et des bâtiments publics. L’électricité fournie constitue une énergie de complément au contrat d’électricité habituel des participants et couvre en moyenne 20 à 30 % des besoins électriques annuels.
La LDM : prenez-vous en charge la dépollution du site ?
O.M : non, nous lui donnons un usage qui ne nécessite pas cette dépollution ; cela rendrait l’opération beaucoup plus coûteuse. Nous n’avons pas creusé le sol pour implanter les panneaux afin d’éviter d’entrer en contact avec les zones polluées. Et de la végétation va pousser, que nous entretenons pour éviter qu’elle réduise la production d’électricité. Au terme du bail, nous avons une obligation de démantèlement de nos installations. Nous devons également nettoyer les panneaux pour assurer une production optimale.
J’ajoute que nous avons associé la population en lançant un emprunt participatif via la plateforme française de financement participatif Enerfip. Les habitants qui le souhaitaient pouvaient financer le projet (avec un minimum d’apport de 50 euros) et nous leur garantissons un rendement de 7% par an. Nous avons aussi recruté, en lien avec les organismes locaux, une population éloignée du marché de l’emploi.
Michel Degoffe le 30 juin 2026 - n°2416 de La Lettre du Maire
- Conserver mes publications au format pdf help_outline
- Recevoir par mail deux articles avant le bouclage de la publication.help_outline
- Créer mes archives et gérer mon fonds documentairehelp_outline
- Bénéficier du service de renseignements juridiqueshelp_outline
- Bénéficier du service InegralTexthelp_outline
- Gérer mon compte abonnéhelp_outline