45% des communes soumises à cette obligation n’ont pas adopté leur plan communal de sauvegarde Abonnés
Rencontre avec Géorésilience*, association qui s’est donnée pour mission d’inciter les communes à respecter cette obligation. Deux de ses membres fondateurs, Alexandre Boisson et Marjolaine Gaudard, nous présentent leur démarche.
Entretien.
La Lettre du Maire : pouvez-vous nous présenter le plan communal de sauvegarde ?
Alexandre Boisson : toute commune sujette sur son territoire à un risque majeur doit se doter d’un plan communal de sauvegarde (PCS). Sept risques sont identifiés** : c’est le cas lorsque la commune est couverte par un plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPRN) ou minier (PPRM), un plan particulier d’intervention (PPI), un territoire à risque important d’inondation (TRI) identifié par le plan de gestion des risques d’inondation (PGRI), une zone de sismicité (de niveau 3, 4 ou 5), des bois et forêts classés à risque d’incendie ou réputés particulièrement exposée au risque d’incendie (le dernier risque concerne l’outre-mer).
La LDM : comment expliquez-vous que de nombreuses communes ne respectent pas cette obligation de se doter d’un PCS ?
Marjolaine Gaudard : ce n’est pas forcément de la négligence. Le maire ne souhaite pas se lancer dans l’adoption d’un PCS parce qu’il a peur d’effrayer la population. Or, notre action consiste à le convaincre qu’au contraire, par la communication, par l’association de la population, on peut canaliser les peurs et mobiliser les bonnes volontés quand le risque survient. Nous menons donc trois types d’actions : une action de vulgarisation - expliquer aux élus et aux habitants les enjeux -, une médiation entre élus et citoyens experts, et enfin l’implication des citoyens.
A.B : le maire n’a pas une tâche facile. Autorité de police administrative, il doit veiller à la sécurité publique mais prendre en compte également les intérêts économiques. Par exemple, une action de prévention pourra nécessiter de moins imperméabiliser et donc de moins construire, ce qui ne satisfera pas tout le monde. En mobilisant les citoyens autour de la culture du risque, en anticipant mieux les crises, on peut réduire la responsabilité du maire.
La LDM : de nombreuses communes sont exposées, par exemple, au risque d’inondation. Les solutions pour supprimer ou réduire ce risque ne sont pas à la portée du maire, surtout dans les communes rurales. S’il s’agit, par exemple, d’entreprendre des travaux importants pour créer une zone d’expansion des crues.
M.G : nous n’intervenons pas à ce stade. Nous proposons des solutions pour gérer au mieux la crise : quelle information donner au public, indiquer à l’habitant ce qu’il doit faire en cas de survenance du risque, former les élus. Nombreux sont les élus qui n’ont aucune formation en la matière.
A.B : souvent la commune n’agit pas parce qu’il y a dilution des responsabilités : elle pense que la gestion de la crise incombe en premier lieu à l’État (la préfecture) ou aux pompiers. Ou si une communauté compte parmi ses communes membres une commune à risque, et qu’elle doit adopter un plan intercommunal, les maires pensent alors qu’ils peuvent se décharger sur l’intercommunalité. A tort, puisque l’adoption d’un plan intercommunal suppose qu’au préalable, la commune ait adopté son PCS.
M.G : le plan intercommunal est important car il permet de mutualiser les moyens. Dans les communes rurales, et même dans les plus grandes, il peut être opportun de créer une réserve civile de citoyens qui interviendra en cas de crise et déchargera les services publics.
La LDM : Géorésilience aide donc les communes à adopter leur PCS ?
M.G : oui, nous sommes une dizaine de personnes avec des profils différents (anciens policier, militaire ou gendarme). Je suis quant à moi facilitatrice graphique et nous intervenons partout en France. Il faut compter à peu près six mois pour mettre en place le PCS. Il s’agit dans un premier temps de cartographier les risques puis, dans un second temps, de prévoir les mesures en cas de crise.
Il existe des systèmes d’alerte via le smartphone (FR-Alert) mais il est bon de prévoir une assistance humaine car certains habitants n’ont pas de portable et, en cas de crise majeure, les réseaux sont inutilisables. Nous proposons des solutions en ce sens.
*https://georesilience.fr/>
**art. L. 731-3 du code de la sécurité intérieure.
Selon les choix de la commune et les besoins locaux, d'autres prestations peuvent compléter l'accompagnement, par exemple :
- formation des élus et des agents (finançable via le DIF élu – environ 560 € par élu) ;
- ateliers participatifs avec les habitants, pouvant notamment servir à initier une Réserve Communale de Sécurité Civile ;
- exercices de simulation de crise pour tester le PCS en conditions réelles.
Michel Degoffe le 10 mars 2026 - n°2400 de La Lettre du Maire
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